Le confinement chez les minouche

Le confinement chez les minouche

Dimanche 15 mars 2020, 20h, Monsieur le Président de la République, sans pour autant prononcer le mot, annonce aux français le confinement de chacun d’entre nous à partir du lundi 16 mars 2020 à 12h.

Moi qui, quelques semaines auparavant, prenait cette épidémie (oui, car à l’époque on parlait d’épidémie) à la légère, j’en arrivais à être saoulée de tout ce brouhaha autour de ce virus qui à mon sens n’était pas aussi dangereux que la grippe. Même après l’annonce de la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées et universités je n’avais pas conscience de ce qui était en train de se passer. J’estimais qu’on en parlait beaucoup trop pour ce que c’était et j’employais même le terme de « psychose ».

Je rigolais de mon meilleur ami qui paniquait de ce virus, je me moquais et lui demandais d’arrêter de tout exagérer.
Pourtant une semaine après, alors que nous fêtions nos trois ans avec Minou au restaurant, on apprenait la fermeture de tous les commerces non essentiels, les bars et les restaurants à 00h. Et là j’ai commencé à réaliser. On ne parlait plus d’épidémie mais de pandémie.
15 jours minimum à être enfermés chez nous, sans pouvoir voir nos proches. La sentence est tombée! J’y ai beaucoup, beaucoup réfléchi, et je me suis dit que merde, la situation craignait vraiment.
Contrairement à beaucoup de personnes, avec Minou on a décidé de respecter les règles à la lettre. On a très vite compris que plus nous respecterions les consignes plus vite le confinement passerait.

À notre grand désarroi nous avons constaté la totale désobéissance d’une bonne partie des français qui se sont crus en vacances, à se pavaner au soleil, parce que « c’est bon on craint rien en étant dehors ». Je suis tellement dépitée par le comportement égoïste de toutes ces personnes que je ne préfère même plus en parler. Pendant quelques temps j’ai pensé que ce qui nous arrivait ferait très certainement ressortir le meilleur de nous même: la générosité, l’entraide, la solidarité. Je me suis trompée sur toute la ligne. Tout ça n’a fait que me montrer un peu plus la bêtise humaine, l’égoïsme. J’ai perdu le peu de foi en l’humanité qu’il me restait. Les applaudissements aux fenêtres tous les soirs à 20h me paraissent bien dérisoires, car le mieux que nous puissions faire est de rester chez nous, et ces mêmes personnes qui applaudissent ne le font même pas et cherchent des prétextes pour sortir 12 fois par jour.

Les journées passent et se ressemblent. Les premiers jours nous avons profité en faisant des grasses matinées, en jouissant de ne pas avoir à mettre de réveil le matin. Puis l’ennui nous a rattrapé: il fallait qu’on trouve des occupations pour ne pas devenir fous et surtout s’entretuer! Parce que pour ceux qui nous connaissent, Minou et moi h24 ensemble ça fait des étincelles! Nous sommes souvent séparés à cause du hockey et nous avions trouvé notre équilibre. Et tout cet équilibre est perturbé.
Mon travail aussi l’a été: des projets en stand by, l’impossibilité de livrer via Mondial Relay, les perturbations du service colissimo. Nous avons d’ailleurs pris la décision de stopper les livraisons jusqu’à ce que la situation revienne à la normale, car nous avons estimé que les livreurs n’avaient pas à prendre de risques pour un commerce non essentiel, non vital. Oui, voir cette entreprise dans laquelle j’ai mis toutes mes tripes tourner au ralenti me brise le coeur. Mais il est important de penser aux autres avant de penser à soi dans ces moments.
Alors je continue quand même chaque jour les commandes de portraits qu’il me reste. J’ai le temps de dessiner des BD et ça c’est le kiffe total! Je me suis aussi fait un planning étendu sur plusieurs jours pour faire toutes ces choses que je n’ai jamais le temps de faire: trier le bureau, les papiers, ranger, jeter, faire de la place, m’avancer sur la compta. Finalement j’y trouve aussi mon compte et c’est important pour ne pas perdre pieds. On en profite pour ranger l’appart, laver de fond en comble, mais bien sur tout ça sur plusieurs jours, ce serait dommage de tout faire aujourd’hui et ne plus rien avoir à faire pour toutes ces longues journées qui nous attendent!

Minou passe ses journées entières à jouer à Fifa à mon plus graaaaand bonheur …
Incroyable mais vrai: le rythme de Napoléon est lui aussi complètement perturbé! Lui qui avait l’habitude de dormir pendant notre absence ou pendant que je travaillais toute la journée et d’être actif à notre retour, il est complètement perdu et dort toute la journée et tourne en rond toute la nuit. Alors qu’avant nous avions la chance d’avoir un chat qui se couchait en même temps que nous et nous réveillait pour les croc-croc (entendez les croquettes) aux alentours des 6h. Là on doit faire face à un chat méga chiant qui miaule toute la nuit..! Mais on ne doute pas qu’il va prendre le rythme. Enfin on espère.

Quand on y réfléchit, la situation est quand même dingue. On a décidé de ne plus trop regarder les infos pour ne pas trop paniquer, les messages de nos proches travaillant dans le médical nous suffisent très largement.. De nature angoissée, le soir avant de m’endormir n’est pas un moment très agréable. Je pense à tout ça. Et si un de mes proches tombait malade? Et si ça touchait Minou? Je m’imagine des scénarios catastrophes. J’essaye de me rassurer en me disant que si nos proches respectent à la lettre toutes les consignes tout irait bien. Puis au réveil tout va pour le mieux: je relativise et suis persuadée que nous y arriverons.
Le plus difficile, après constater la connerie humaine, c’est de rester enfermée. Même si avec mon travail j’ai l’habitude de rester à la maison sans sortir pendant des jours, être privée de cette liberté est compliqué. Je meurs d’envie de respirer l’air frais, me promener dans la forêt d’à côté, même me poser juste 5 minutes sur le banc en bas de l’immeuble. Mais je serre les dents.
Ne plus voir nos amis est difficile aussi. Bien que nous soyons ne nature solitaires avec Minou, ne plus voir ceux avec qui on aime passer du temps et qu’on a l’habitude de voir au minimum une fois par semaine (coucou Flo et Chacha), bah c’est super dur. On trouve des subterfuges du coup, mais c’est quand même pas facile. On donnerait beaucoup pour aller au restau avec eux, passer l’aprem avec eux, et pis voir mon filleul aussi! Ma famille me manque beaucoup aussi, ma mère, mes grands-parents, ma soeur, mes neveux d’amour.
Je redoute la reprise du travail de ma grande soeur également. Elle est infirmière et sera donc en première ligne, sans blouse, sans masque, sans gant. Mais je sais que c’est une Warrior, qu’elle ira sans réfléchir car ce métier fait partie d’elle, elle a choisi d’aider les gens, d’être à leur service. Elle a de très très grandes qualités humaines qui font d’elle une infirmière hors pair. C’est mon héroïne à moi. Elle, je pourrais l’applaudir pendant des heures. Et je lui envoie toute ma force et mon courage pour ces journées difficiles qui l’attendent.

On attend patiemment de savoir combien de temps ce confinement durera, quand ce coronavirus décidera de nous laisser tranquille.

On essaye toujours de trouver du positif dans tout ce qui nous arrive et c’est clairement notre force.

J’espère que tout se passe bien pour vous. Je vous raconte souvent sur Instagram des bribes de ce qui se passe ici et puis j’avais très envie de prendre le temps d’en parler. Ça fait du bien d’écrire ce qu’on a sur le coeur. Partagez moi votre quotidien, j’ai envie de le connaitre également. Savoir que tout va bien pour vous, échanger avec vous.

Promis les prochains articles/posts Instagram seront plus légers et plus gais! 🙂

Prenez soin de vous.